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Louis-Julien Petit, le réalisateur de « Discount », accompagné de Corinne Masiero, Olivier Barthelemy, Sarah Suco et de M’Barek Belkouk, quelques-uns des interprètes de son film, sont allé à la rencontre des journalistes lors de l’avant-première de leur film à l’UGC Ciné Cité de Lille le 28 novembre 2014. Nous vous proposons de suivre les sujets qu’ils ont abordés lors de cette conférence de presse.

Les 1er pas dans le cinéma de Louis-Julien Petit

Louis-Julien Petit : A 12 ans j’ai vu « La vie est belle » de Capra, et j’ai eu envie de faire du cinéma. Par la suite j’ai suivi des filières cinéma en étude, puis l’ESRA. Les stages m’ont permis d’intégrer le milieu du cinéma, je suis devenu rapidement chef de file (où j’étais en charge des castings), assistant à divers postes … tout en faisant des courts-métrages, dont « La figure » avec Sarah Suco il y a 7 ans.

Je tiens à préciser que je ne connaissais personne dans le milieu du cinéma avant de l’intégrer (je venais d’Aix en Provence !). Si je devais dire une chose, je dirais qu’il ne faut rien lâcher.

Genèse du projet

Louis-Julien Petit : Faire un film sur l’entraide et la solidarité. J’ai rencontré Anne-Marie Costa, la piqueuse des tickets de promo qui en faisait la distribution aux plus nécessiteux, elle se fit pincer pour ça, elle défraya la chronique en 2011.

Olivier Barthélemy : On a partagé les docs de Louis-Julien qui lui ont servi de base de travail. C’était impossible d’aller au plus vrai.

Louis-Julien Petit : Ce qui m’a intéressé c’est le thème du gaspillage alimentaire, ainsi que celui du Hard Discount où il n’y a pas de syndicats, ni de CE. Où il existe une persécution dans le travail, mais également une énorme solidarité. D’où la création de ce groupe d’entre-aide.

Olivier Barthélemy : La volonté du film n’était pas d’être une comédie, mais d’être un film où l’on pleure et où l’on rit, un film où l’on vive.

Louis-Julien Petit : Il y a six ans mon film aurait pu être un drame, mais j’ai rencontré Anne-Marie, et j’ai su que mon film serait une comédie avec l’influence des maitres Italiens ou Anglais. Ici mes personnages ne se plaignent pas et attisent une rébellion positive. C’est très dur de vendre une comédie sociale.

Les Personnages

Louis-Julien Petit : Chaque personnage a ses failles.

Olivier Barthélemy : Il fallait que les personnages soient proches de nous.

Louis-Julien Petit : Les enjeux de chaque personnage ne sont pas mis en confrontation avec le groupe. Ce groupe devient une famille grâce au but qu’il veut atteindre.

Olivier Barthélemy : C’est un jeu, c’est oublier les enjeux de ce qui se passe. Donc on vit une vraie histoire.

Louis-Julien Petit : On a vécu une véritable histoire. Je suis pressé de revoir Madame Tarama, Yacine et cie. Toutes les personnes qui ont participé au film à Roubaix, là où l’on a tourné.

Corine Masiero : Cha va boire ce soir !

Choisir le Nord-Pas-de-Calais

Louis-Julien Petit : J’ai passé 21 semaines sur « A l’origine » (Xavier Giannoli) et j’ai ressenti le côté positif de la région, j’y ai rencontré également énormément de figurants. Il n’y a pas ça ailleurs !

Financement du film

Louis-Julien Petit : « Discount » a été monté par crownfounding. Lisa, notre productrice est allée à Science Po et à la Sorbone pour parler du film aux étudiants, et ça a marché, on a réussi à réunir 2 500 000 Euros. Mais attention, « Discount » est un film à figuration, ce qui coûte cher … On est parti sans distributeur au tournage, « Wild Buch » est arrivé par la suite.

Il a fallu cinq à cinq ans et demi pour faire ce film. Le let motiv de mes personnages c’est « on lâche rien », faire un film c’est ne rien lâcher.

Le tournage du film a pris 35 jours et demi, soit 7 semaines. Et maintenant le film plait, une personne lors d’une projection à Bride les bains nous a remercié ! Le hard discount crée du harcèlement moral (lisez « le salaire de la peur », un blog sur le hard discount), et cette personne était en souffrance suite à son emploi dans le hard discount.

Sans être moralisateur, j’ai envie d’avoir un débat avec « Discount ». Mon film n’apporte pas de réponses, mais pose des questions.

Tourner avec Louis-Julien Petit

Sarah Suco : On a tourné ce film sur l’envie et sur l’énergie.

Olivier Barthélemy : Louis-Julien Petit aime mettre en scène. La cohésion du groupe fut hallucinante.

Le scénario

Olivier Barthélemy : On s’est ajusté par rapport à lui. Le scénario fut un outil de travail, il put être changé. Comme on jouait vraiment ensemble il n’y a pas eu de concurrence.

M’Barek Belkouk : On a fait du Ping Pong.

Sarah Suco : Louis-Julien Petit ne se braque jamais, il aime que l’on tente des choses. Louis-Julien veut de la vie.

Olivier Barthélemy : De toute façon on a tous travaillé nos personnages en amont.

Sarah Suco : Et Corine, et Pascal sont les rois de l’impro. Et le caractère franc du collier allait bien avec son personnage.