Des débuts prometteurs

elle l'adore

 

Avec  une telle distribution – Sandrine Kiberlain et Laurent Lafitte en tête d’affiche – avec un titre qui fleure bon la comédie populaire, « Elle l’adore » trompe son monde.  Noir, inquiétant, entrainant, le film conte le quotidien d’un chanteur (de variété ?) incarné avec une grande justesse par le sociétaire de la Comédie Française et d’une groupie magistralement interprétée par une Sandrine Kiberlain de plus en plus à l’aise dans des rôles plus légers que ceux qui, au début de sa carrière, ont fait sa renommée. Le spectateur pouvait s’attendre à une pochade, il hérite au final d’un long métrage infiniment plus complexe où le drame tient toute sa place.

 Elle est esthéticienne, deux enfants, des copines mais pas assez de mouvement dans sa vie. Dès lors, elle développe de fortes tendances à la mythomanie. Résultat : c’est lorsqu’elle est sincère que personne ne la croit plus. Lui, est beau, adulé, riche, son existence  est plus qu’enviable jusqu’à ce fameux soir… La réalisatrice arrive parfaitement à maintenir sur la longueur une ambiance particulière. L’authenticité n’est pas ici un vain mot : avec une bande son minimaliste, un refus de bon aloi de tout élément folklorique (jamais le chanteur n’interprète son répertoire) aucune digression ne parasite l’évolution du scénario.

Nous sommes pris pleinement par le suspens dramatique. La tension du film nous prend à cœur, nous sommes plus témoins que spectateurs. Prendre l’angle du thriller pour décrypter la relation fan/vedette est une formidable idée. La maitrise dont fait preuve Jeanne Herry – la fille de Julien Clerc et de Miou Miou rappelons-le – pour son premier long métrage est étonnante. Cela augure d’une belle carrière en perspective.

 A star is (peut-être) born !

JESSICA PAPROCKI