Le Rouge et le Sombre

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Il est l’un des cinéastes les plus passionnants de notre époque et chacun de ses films est attendu avec fébrilité par ses fans dont je fais partie. Authentique amoureux du cinéma fantastique, Guillermo Del Toro dessine, un film après l’autre, une œuvre sincère, féerique, sombre et spectaculaire.

Après nous en avoir mis plein les yeux avec les combats homériques de « Pacific Rim » il y a deux ans, notre « gros barbu mexicain » préféré nous livre avec « Crimson Peak » sa lettre d’amour au cinéma gothique. Irrigué de références (on pense notamment aux « Innocents » de Jack Clayton), Guillermo parvient sans mal à les digérer pour nous proposer une œuvre personnelle.

Sous ses apparences de film de fantômes, « Crimson Peak » est une poignante histoire d’amour d’un romantisme désuet et réjouissant. En grand amoureux du cinéma et de la belle image, le réalisateur nous plonge dans un univers de spectres, d’amour et de sang. Chaque plan est plein à craquer tellement la facture visuelle du film est éblouissante. Les décors luxuriants, ainsi que la photographie, qui joue de l’ombre et de la lumière, sont de véritables vecteurs émotionnels.

Tout, ici, est somptueux et respire l’amour du septième art.

Les effets spéciaux sont utilisés avec une rare intelligence et font oublier leur origine digitale en tentant de reproduire un cachet visuel à l’ancienne.

La magnifique Mia Wasikowska, dans un rôle un brin caricatural, s’applique à donner de la profondeur à son personnage; idem pour Tom Hiddleston et Jessica Chastain.

Guillermo Del Toro nous éblouit une nouvelle fois avec ce conte d’amour macabre serti dans un écrin somptueux.

Fouad Boudar