La rage paternelle

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Il aura fallu attendre dix ans pour visionner enfin l’ultime opus de la saga Rocky Balboa. L’une des plus grandes sagas cinématographiques de tous les temps revient donc sur les écrans. Un prolongement sous forme d’un spin off, ou le principal protagoniste se retrouve, une fois n’est pas coutume, relégué à la seconde place.

Dans ce nouveau chapitre,Sylvester Stallone laisse les rênes a des petits nouveaux. Le cinéaste Ryan Coogler que nous connaissons pour son dramatique “Fuitvale Station”, témoignage d’un fait divers qui avait bouleversé l’Amérique. Mais c’est ici qu’il fait ces preuves en signant son premier véritable long métrage populaire. Il cogne fort en osant s’attaquer à une saga mythique. Nous apprenons qu’Apollo Creed à un fils caché prêt à reprendre le flambeau .Malheureusement pour lui, personne ne souhaite lui mettre le pied à l’étrier, pas même l’illustre Rocky; qui acceptera, au contraire, d’être le parrain spirituel du jeune Adonis Johnson Creed. La figure symbolique s’impose d’elle même: la relation Creed/Balboa. Michael B. Jordan incarnant le fils Creed est présente de part et d’autre de la frontière fiction réalité.

Ce dernier, jeune premier, s’il en est, s’avère fort talentueux, C’’est la seconde fois qu’il se fait diriger par le cinéaste. En effet, il avait auparavant tenu le rôle du tristement célèbre Oscar Grant. Par ailleurs il est en parallèle l’acteur fétiche de Josh Trank à qui il a aspiré les rôles titres pour deux de ses plus grandes productions. En incarnant des personnages emblématiques, il est en passe de devenir incontournable dans le milieu cinématographique.

A ses côtés, Tessa Thompson qui doit, elle, sa notoriété au petit écran, Les fans citeront sans hésitation “Veronica Mars” ou “Heroes”, Elle interprète ici la petite amie du jeune challenger . Tous ces quasi débutants apportent un sang nouveau, voire même du punch autour de l’immortel Sly, seul survivant de la vénérable saga, Sylvia Meals, herself, est débarquée; son personnage de Anne Marie, la veuve, est confié à Phylicia Rashad plus connu pour son incarnation de Clair Hanks dans le mythique “Cosby Show” Sylvester Stallone pensait, en toute bonne foi, en avoir fini avec son alter ego, Rocky Balboa, Bien lui en a pris de rempiler. Porté par cette nouvelle génération, il s’est vu offrir, à la surprise générale,un Golden Globes pour sa prestation. Premier récompense depuis 1977 (déjà pour “Rocky”, soit dit en passant).

Pour la première fois, il n’a pas écrit le scénario, ni même endosser la panoplie du réalisateur Cela se ressent dans l’évolution de son personnage. Les habitués ne retrouveront pas le côté moraliste et touchant du boxeur; l’histoire est devenue moins sentimentale. Une touche d’humour saupoudre le scénario. Ce qui aurait plu assurément au regretté Robert Chartoff, producteur historique de l’aventure, un hommage lui est d’ailleurs rendu.

Ryan Coogler, caméra à l’épaule, impose un rythme endiablé à l’ensemble, tellement portée cette fichue caméra  qu’elle ne laisse pas le temps au public de s’émouvoir pendant les passages dédiés à cet effet. Mais ce style donne un ton réaliste au noble art, d’autant plus que les comédiens sont soutenus par de véritables boxeurs tel qu’Andre Ward, Gabriel Rosado ou le principal challenger, Tony Bellew. Ces professionnels permettent au réalisateur de construire des plans d’un grand réalisme.

Pour la bande sonore, à côté d’un “sample” des orchestrations de Bill Conti, le metteur en scène laisse la baguette au compositeur suédois, Ludwig Goransson. Ce dernier travaille pour la seconde fois avec le cinéaste.

Pour conclure nous nous permettrons d’affirmer que ce dernier opus en date conserve l’esprit original. Tant mieux pour les indécrottables nostalgiques, hélas pour les blasés.

Julien Impe