Les mariés de la terreur

sous le titre

Touche à tout de génie, James Wan est l’un des meilleurs artisans de ces vingt dernières années.

Initiateur de la saga Saw, dont il a réalisé le premier volet, il a su également convaincre dans d’autres registres comme ceux du blockbuster vrombissant “Fast and Furious 7” et du revenge movie sec et nerveux (le magnifique “Death Sentence”).

C’est cependant dans le cinéma horrifique qu’il a posé ses premiers jalons (“Insidious” 1 et 2, “Dead Silence”, “Conjuring”…) en se distinguant par son amour du genre, son application et surtout le respect de son public.

Trois ans après le succès critique et public de “The Conjuring”:”Les Dossiers Warren”(2013), il nous revient avec sa suite directe.

Toujours interprêté par la sublime Vera Farmiga et l’excellent Patrick Wilson, le couple Warren nous entraîne ici sur leur cas le plus tordu. Tirée de faits réels, lui donnant au passage un cachet plus effrayant,  l’histoire suit le couple dans le nord de Londres pour venir en aide à une mère qui élève seule ses quatre enfants dans une maison hantée par des esprits maléfiques. La cadette de la famille, Janet, semble possédée par le fantôme de l’ancien propriétaire de leur demeure.

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Son passage sur la franchise Fast and Furious semble avoir renforcer la maîtrise de James Wan qui est ici en pleine possession (si je puis dire) de ses moyens et fait montre d’une maestria qu’on ne lui connaissait pas. Respectant scrupuleusement l’unité de lieu, il évite la surrenchère dans laquelle se vautrent trop souvent les suites en privilégiant l’intelligence de sa mise en scène à la fois racée et élégante. Bien aidé par Don Burgess (le chef opérateur de Robert Zemeckis) il surprend par ses choix de cadres et suscite la peur davantage par le hors champs que par les effets de jump scares. Dans un genre mille fois balisé, à savoir le film de maison hantée, il réussit l’exploit de surpasser le film original à la fois au niveau formel et émotionnel. Usant délicatement du clair-obscur, des plans fixes et panoramiques, James Wan nous fiche davantage une trouille psychologique, renouant ainsi avec les ressorts fondamentaux de la peur. Dans la lignée du monument L’Exorciste (de William Friedkin) il prends son sujet au sérieux.

Davantage encore que dans le premier volet, le cœur émotionnel du film, à savoir le couple Warren, est davantage exacerbé. Partenaires à vie dans ce combat contre les ténèbres, unis par un amour indéfectible, il en sont que plus bouleversants.

D’une beauté maccabre à couper le souffle , envoûtant, asphyxiant,  mené avec une dévotion totale par un cinéaste habité, “The Conjuring 2” vous marquera durablement la rétine.

 

Fouad BOUDAR