C’est la galère !

Huit ans après l’adaptation du roman graphique de Frank Miller «300» par l’Américain Zack Snyder la suite de l’épopée lacédémonienne arrive sur grand écran non sans avoir subi de profonds changements. Déjà ce n’est plus le même metteur en scène, le réalisateur du premier opus jetant l’éponge suite à un emploi du temps particulièrement chargé. Cependant, en gardant la gestion du scénario, il ne se désintéresse pas vraiment des suites de l’aventure. Le remplace donc à la tête de l’entreprise, l’Israélien Noam Murro, peu connu du grand public mais à qui l’on doit une modeste comédie, «Smart People», sortie sur les écrans en 2007. Son grand défi sera de convaincre les fans du film initial mais au-delà tous les amateurs d’Histoire de l’Antiquité. Le fait de changer radicalement de style ne pourra dès lors que troubler les cinéphiles.

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Après de longues tergiversations, l’équipe rédactionnelle décida de conter une histoire parallèle qui se déroulerait pendant que Leonidas et ses trois cents compagnons affrontent l’armée de Xerxès, péripéties explicitées dans le précédent volet du diptyque; les batailles navales sur la mer Egée en lieu et place des combats terrestres. Le ton se veut également plus réaliste, contrairement à Snyder, il éclaircira un peu plus ses plans. Réalisme certes, mais pas au point de gommer l’esprit mythologique. Nous ne sommes pas dans la pure reconstitution historique, mais dans l’épopée héroïque. Les personnages sont également plus fouillés. Les origines du roi perse Xerxès  -l’homme qui se prétend être un dieu- sont davantage explicitées, quitte à laisser dans l’ombre une bisexualité latente, bien perçue auparavant mais ici floutée pour ménager la cible familiale.

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Rodrigo Santoro, ainsi que de nombreux comédiens aperçus dans la première mouture reviennent dans cette fausse suite afin de garder un lien avec le premier film. A noter, par ailleurs, l’arrivée de l’actrice française Éva Green -la fille de Marlène Jobert- qui incarne ici d’Artémise 1ère, rôle tout sauf anecdotique, lorsque l’on saura que le film fait la part belle au couple royal. Autre comédien majeur Sullivan Stapleton, à la plastique avantageuse, découvert grâce à la série «Strike back», et qui se voit confier le rôle du stratège Thémistocle. Les puristes regretteront assurément Gérard Buttler et ses cris de guerre mythique. Substituer à des Spartiates monolithiques, des Athéniens moins caricaturaux permet de nuancer le propos. Le manichéisme s’efface quelque peu et c’est une bonne chose.  Aurons-nous droit à un troisième épisode des aventures de ces féroces guerriers aux muscles bandés et luisants ? Seul le box-office détient la réponse. Car dans le monde des Blockbusters, le juge suprême reste la rentabilité.

 

JULIEN IMPE