Bis repetita

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Même avec la meilleure des volontés, il parait difficile d’accorder le moindre intérêt à cette énième version cinématographique du conte de Charles Perrault. Certes aborder l’histoire sous un nouvel angle, les motivations du héros négatif, pouvaient à la lecture du synopsis paraître jubilatoire, il n’en est rien hélas. «Maléfique» se targue d’introduire dans le récit une dimension psychanalytique. Pourquoi pas ? Encore aurait-il fallu plus d’ambition à l’écriture. Le scénariste Paul Dini, à qui l’on doit la genèse des Batman, Superman et autres Duck Dogers, maître étalon des dessins animés de la Warner, aurait pu être l’homme de la situation. Il n’en fut rien. En restant au ras des pâquerettes, afin de garder le public enfantin, il s’est totalement fourvoyé.

Angélica Jolie, dans le rôle-titre, s’en tire, quant à elle, avec les honneurs. Tournant dans sa carrière? Peut-être. Mais l’actrice n’a jamais caché ses motivations profondes : permettre à ses enfants de voir leur mère dans l’exercice de son métier. C’est même allé plus loin : trois de ses filles ont endossé les traits de l’ennemi intime, Aurore. Le début d’une entreprise familiale apparemment !

La déception vient plutôt du réalisateur, Robert Stromberg. Pour son premier film, les cinéphiles attendaient mieux de  l’ancien chef opérateur de James Cameron (Avatar, sortie en 2009), Tim Burton (Alice au pays des merveilles en 2010)  et dernièrement de Sam Raimi sur « le monde fantastique d’Oz » en 2013. On s’attendait à des décors plus exploités. Certes ils sont esthétiquement réussis mais ce n’est pas suffisant. Nous eussions souhaité qu’ils participent davantage à l’âme du film. Un vague sentiment de schizophrénie étreint dès lors le spectateur. Il aurait sans doute été plus judicieux d’apporter des traits plus sombres, osons le terme, gothique.

 

JULIEN IMPE