Au-delà d'un regard

Souffrant du syndrôme de ces belles histoires de rencontres qui se finissent toujours bien, « Monsieur-j-sais-tout » est typiquement le genre de films qui tient debout grâce à ses personnages.
Car l’emballage n’est pas follichon, loin de là. Une articulation scénaristique vu et revu (des personnages solitaires et blessés se rencontrent, s’aiment et se détestent avant de retomber dans les bras l’un de l’autre, qu’il s’agisse d’histoires d’amour, d’amitiés ou familiales), une mise en scène digne d’un téléfilm de France 3 le samedi soir et un sujet dans l’air du temps (l’autisme, cause nationale depuis l’instauration du plan autisme par le gouvernement français il y a maintenant quelques années), voilà pour ce qui nous est donné de voir au premier coup d’oeil.
 
 
Pourtant, conscient de ses faiblesses, le film jour son va-tout sur ses personnages et c’est sans doute là, la meilleure idée possible. Arnaud Ducret interprète un grand bonhomme colérique, souffrant d’une rupture familiale précoce et d’une incapacité chronique à gérer ses émotions. Face à lui, Max Baissette de Malglaive (non non, ce n’est pas un personnage des « Visiteurs ») fait des prouesses dans le rôle d’un jeune ado atteint du syndrôme d’Asperger. Captant à merveille l’essence de la maladie, le jeune homme livre une prestation impressionnante et drôle et surtout, extrêmement touchante. Le film a d’ailleurs la bonne idée d’apporter un regard très neutre sur la société face à cette maladie encore assez peu connue puisque ni les institutions, ni les familles ne sont réellement pointées du doigt, la bonne approche restant cette forme de relation-partage que l’histoire instaure petit à petit entre les deux personnages principaux et qui tient un peu d’une certaine forme de miracle.
« Monsieur-je-sais-tout » est un peu l’inverse de ces cadeaux qui déçoivent aux périodes de Noël, le papier est terne et peu original mais, à l’intérieur, le contenu fait figure d’assez bonne surprise même si la dernière partie tire sur des ficelles sentimentales assez lourdes.
 
Cyprien Pleuvret-Landy