À trois on y va : le polyamour, prochaine tendance ?

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Sorti aujourd’hui dans les salles, le nouveau film de Jérôme Bonnell émet la possibilité d’une histoire d’amour à trois. Le cinéaste, qui a toujours aimé traiter des dilemmes sentimentaux, met en lumière un sujet qui reste encore assez tabou…

Micha (Félix Moati) et Charlotte (Sophie Verbeeck) viennent d’acheter une maison dans la banlieue lilloise et forment un couple heureux. Mélodie (Anaïs Demoustier), leur meilleure amie, est amoureuse de Charlotte, les deux jeunes femmes entretiennent une relation secrète. Mais la situation se complique quand Micha s’entiche à son tour de Mélodie, et vice versa. Au final, chaque duo s’aime ! Le début des embrouilles pour les trois protagonistes, qui vont alors rivaliser de mensonges pour ne pas être pris « la main dans le sac ».

Avec « À trois on y va » Jérôme Bonnell essaie de montrer qu’il pourrait exister d’autres façons d’aimer, en évoquant l’existence du polyamour. Mais il ne rentre pas réellement dans le vif du sujet puisqu’au sein de son trio amoureux, les trois personnages ne savent pas tout de suite qu’ils s’aiment tous les trois. Cela donne d’ailleurs lieu à des scènes assez cocasses, dignes d’un vaudeville. Le triangle amoureux demeure une source inépuisable d’histoires d’amour complexes, et à rebondissements… Mais s’il est porté par trois grands comédiens – Anaïs Demoustier rayonne – le film manque d’épaisseur et tourne en rond. On est davantage intéressé par le parcours individuel de chaque personnage, plutôt que par les peines de cœur de ces polyamoureux. L’histoire demeure assez crédible, la jeunesse des comédiens, trentenaires, fait qu’ils sont à un moment de leur vie où tout peut encore changer… On peine pourtant à prendre au sérieux les déboires de ce « trouple » (terme utilisé par plusieurs sociologues français), complètement déboussolé.

La légèreté et l’insouciance qui se dégagent d’  « À trois on y va » sont des atouts indéniables. Le choix des acteurs l’est aussi, Bertrand Bonnell a plutôt vu juste côté casting : une belle alchimie existe entre chacun des personnages. Dommage que l’ensemble demeure un peu inabouti, et nous laisse sur notre faim.

P.G. L