A la croisée des chemins

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Cinq ans après la publication du roman de science-fiction de James Dashner « le Labyrinthe », Wes Ball s’attaque à son adaptation cinématographique. Avec ce premier tome d’une trilogie intitulée « L’épreuve », il signe ici son premier long métrage, suite à une demande de la 20th Century Fox. Le jeune réalisateur était déjà plus ou moins rodé pour cette catégorie de films, puisque sa dernière réalisation consistait en un court métrage d’animation dont l’action se déroulait dans un monde post-apocalyptique. Après les « Hunger Games » ou encore « Divergente » pour ne citer que ces deux-là, il n’est pas étonnant d’assister ici à une énième production du genre dystopique, très en vogue à Hollywood ces dernières années, où toute chance de bonheur semble utopique dans un univers fictif.

Pour éviter de tomber dans les « habitudes et normes » des nombreuses transpositions littéraires au cinéma, il fallait donc au jeune réalisateur de trouver un moyen d’innover. Sa solution ? Faire appel à de jeunes acteurs, peu connus encore sur nos grands écrans. Les deux rôles principaux reviennent donc au New-Yorkais Dylan O’brien, découvert dans la série « Teen Wolf » et à la jeune actrice britannique Kaya Scodelario, qui elle tenait jusqu’alors un rôle régulier dans la série « Skins ». Avoir presque tout misé sur des petits nouveaux aura notamment permis de créer une certaine cohésion dans le groupe puisque, en effet, la mayonnaise semble plutôt avoir bien pris.

Si les liens entre les différents protagonistes, dont la nature peu commune a pu être développée et entretenue grâce, notamment, à un stage de survie suivi par les jeunes comédiens, ce n’est pas la seule chose qui en est ressortie. L’expérience qu’ils ont acquise à ce moment leur aura permis d’acquérir une grande crédibilité, qui a rendu ce film encore plus palpitant. Car niveau scénario, rien de bien innovateur. Des « gamins » propulsés dans un univers hostile, livrés à eux-mêmes et manipulés par des personnes qui se croient au-dessus de tout, on en a vu des dizaines, si ce n’est plus. Le seul changement notable est cette absence de compétition entre les adolescents ; de nombreux garçons et une seule fille. Un seul et même but les anime : le désir de survie et de s’échapper de cet endroit bien peu amical.

Seulement, dans ce cas de figure, le spectateur est mis dans la peau de ces jeunots : on découvre en même temps que ces héros amnésiques ce dont il s’agit et les raisons de leur présence dans « le Bloc ». Le mystère est alimenté jusqu’au dernier moment et il faudra alors attendre les toutes dernières secondes pour découvrir la vérité. La salle est donc maintenue en haleine du début à la fin. Nous ne sommes pas que de simples témoins. Nous nous posons les mêmes questions que tous ces personnages et nous éprouvons à plusieurs reprises toutes sortes d’émotions : angoisse, excitation, colère, soulagement,… elles aussi simultanément ressenties par nos nouveaux protégés. L’auditoire fait ainsi partie à part entière de l’action, tel un « 6ème homme ».

Bien que l’inconnu soit ici le maitre-mot, l’humour tient lui aussi une grande importance tout au long de l’histoire. Ce côté plus « léger » contraste avec le ton cauchemardesque quasi omniprésent, ce qui rend ce long métrage plus digeste et accessible à un plus large public. Par conséquent, grâce à un casting dynamique, à une mise en scène bien dirigée et face au succès obtenu outre atlantique pour ce premier volet, il n’est pas surprenant que le second tome « La Terre Brûlée » est d’ores et déjà prévu pour 2015.

Ludivine Tollitte