Pulp Invasion

 

Il y les dessins animés pour enfants, ceux pour adultes et puis il y a « Mutafukaz ». Animé old school survitaminé, « Mutafukaz » est l’adaptation d’une bande dessinée français assez récente et qui a vu sa distribution s’étendre à d’autres pays que l’Hexagone. Narrant les aventures d’un jeune homme au look particulier dans une ville fangeuse rappelant fortement Los Angeles et subissant la présence d’êtres mystérieux habillés tout de noir, l’oeuvre de Guillaume « Run » Renard est un curieux mélange de culture west coast et de SF dystopique qui a, au vu de son succès, vu son adaptation ciné débarquer sur nos écrans cette année.

Alors, déjà, on ne peut nier le rafraîchissement que constitue ce dessin-animé d’action adulescent. Pour son esthétique tout d’abord, très old school et privilégiant le dessin à l’image de synthèse. Les planches de la BD semblent s’animer devant nos yeux et recèlent une richesse visuelle assez phénoménale, le monde dans lequel évolue les personnages témoignant d’une très forte identité qui va autant piocher dans la SF de John Carpenter que dans les films de gang et de mafieux urbains.

Ensuite, le rythme imposé par l’histoire ne laisse aucune place à l’ennui. Mieux, le film comporte de nombreux moments de bravoure digne des plus grands blockbusters actuels avec fusillades monstres, scènes de poursuites haletantes et bastons musclées.

 

Là où le bât blesse, ce serait plutôt au niveau du scénario. Si on peut remettre en doute quelques design de personnages (pourquoi une chauve-souris munie d’un appareil dentaire et le neveu du Ghost Rider débarquent-ils dans un monde peuplé d’humains???), ces choix étaient déjà présents dans le matériau d’origine. Ce qui est plus ennuyeux, c’est cette histoire assez courte en durée mais qui multiplie les personnages et les sous-intrigues voulant à tout prix respecter ce qui a été fait auparavant sans avoir l’air de se soucier du sort de certains protagonistes (les lutteurs sont-ils vraiment nécessaires dans le film?). Et puis, certains doubleurs semblent un peu à la ramasse, récitant leur texte sans vraiment y croire.

Mais bon « Mutafukaz » reste extrêmement divertissant, plein d’adrénaline et assez réjouissant dans ses influences et ses références à la pop-culture.

 

Cyprien Pleuvret-Landy