Purgatoire sur terre

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Le Britannique Henry Hobson signe avec “Maggie” sa première réalisation. S’il s’attaque à un sujet très en vogue aujourd’hui au vu du succès de la série américaine “Walking Dead”  – un virus incurable se propage sur Terre transformant en zombie toute personne contaminée – il prend cependant ses distances avec George A. Romero à qui l’on doit notamment les bases du genre (“La Nuit des morts-vivants”, 1968) et avec d’autres grandes productions hollywoodiennes plus récentes comme  “28 jours plus tard” (2002) ou “World War Z” (2013).  Son long-métrage tient en effet moins du pur film d’horreur que d’un huis clos entre un père et sa fille, se focalisant plus sur l’accompagnement d’un proche vers la mort.

 

Arnold Schwarzenegger, également producteur, range ici ses muscles – ça fait du bien – et se révèle aussi touchant que convaincant dans le rôle de Wade, le papa protecteur qui refuse la mise en quarantaine de sa fille Maggie contaminée par le virus mortel. Il ne s’impose pas. Abigail Breslin – la jeune actrice américaine révélée dans “Little my Sunshine” –  rend grâce à la dramaturgie de son personnage Maggie  si merveilleusement dans cet anti-teenage movie.

Mais si le jeu des acteurs est riche, le scénario est pauvre. L’histoire en devient  interminable, provoquant presque l’ennui et frôlant le vide absolu. L’infection par le virus mortel est survolée ; certains personnages sont sous ou mal exploités. Un petit remaniement familial n’aurait finalement pas été de trop pour rendre l’histoire encore plus touchante. Ce sont cependant les seuls point négatifs de ce premier film.

 

Henry Hobson a démontré sa maîtrise de la technicité pour sublimer l’histoire au service d’une émotion : les images contrastées pour un monde sans espoir et un huis clos intimiste. Sa première réalisation prend ainsi les allures du cinéma d’auteur.  La bande son avec le jump scare est mieux maîtrisée que dans les films d’horreur “classiques”. C’est aussi l’usage avec brio de la focale de la caméra qui nous plonge sans détour dans la psychologie des personnages –  et c’est là que toute la pression et l’horreur explosent.

Hollywood tiendrait-il avec Henry Hobson un jeune talent prometteur du 7ème Art ?

 

Julien IMPE